5-Archives spectacles

Mercredi 3 janvier 2007

Parcours spectacle en land act

C'est un paysage d'événements qui dure 14 minutes, vu de la fenêtre d'une voiture roulant à 30 km/heure.
La route est la seule narration, c'est le lieu commun.
Au delà d'un land-art, il s'agit de remettre de l'homme dans le paysage, de l'homme actant.

AIR, EAU, VEGETAL, CHAIR, ENERGIE
L'homme - l'oeuf - la roue - l'arborescence

Un acte cyclique est induit dans chaque image

12 images réparties en 4 séquences
Séquence A: le monde sous les objets (les marchands de monde)
Séquence B: les faiseurs du monde
Séquence C: les faiseurs de nature
Séquence D: les jouisseurs de nature

Interview Bruno
Nous partons du principe qu'à Port Saint Louis, la terre va vers la mer, et que la route de la plage Napoléon en est le symbole. L'automobiliste quitte peu à peu l'urbain pour l'horizon. Nous allons aménager la route afin de dérouter 12 fois le regard.

Nous souhaitons remettre de l'humain dans le paysage, engager une réflexion sur notre paysage, son paradoxe ou son équilibre, ce que nous pensons être complémentaires : usines et roubines, friches industrielles et flamands roses. Avec comme fil conducteur la route, nous allons installer "des machines à faire du paysage", chacun y trouvera l'histoire qu'il veut y projeter.

Près de l'embouchure, aux abords d'une lagune, nous installerons 12 tentes et des conteurs. Trois scènes (dont une flottante), accueilleront la musique méditerranéenne. Car finalement, le paysage ne s'arrête pas aux limites du regard. des bateaux échoués proposeront sardines à griller et rafraîchissements tandis qu'à la nuit tombée, un rideau d'eau fera office d'écran de cinéma...

Raymond Martinez
En fin d'après midi, le public, plagistes, baigneurs, parents, enfants seront conviés à se rendre à la "bouche du Rhône", là où le fleuve retouve enfin sa mer ; baisers d'écumes désordonnés bordent cette langue de sable, lieu quasi magique avec lagon en boucle, dunes de sable ondulé sans cesse remodelées par les brises...
Fond de scène, au choix : l'horizon marin et ses pétroliers au mouillage, ou bien les dunes et la sansouire. Posé sur le lagon, le "kiosque à musique flottant" enverra généreusement des effluves musicales lointaines.

Enregistrements

Point mort remise de la cassette (premier tunnel)
Chers mortels, navigateurs de l'ère des néons, les pompes FUNEBRES et la mer déplorée vous accompagnent.
Démarrage, première puis deuxième et stabilise la vitesse de ton vaisseau à 500 mètres à la minute soit 30 km/h.
Nous sommes sur la même route, frontière entre deux mondes, le sel et la mer, l'eau douce et le fleuve.
Il nous reste 7000 mètres avant de retouver notre mer, soit exactement 15 minutes.

Point deux Yalta
"Toute cette foule qui cherche à détourner l'attention des couches progressistes de la société des questions brûlantes de la lutte politique et sociale, et à la diriger vers une culture plate et sans idées, remplie de gangsters, de girls et de peluches flapies."
Repérer les balises et les amers. Hissez les regards jusqu'au bout de soi.

Point trois le rendez-vous des fidèles aux idéologies.
"PRO-duction, SE-duction, PRO-duction, SE-duction, PRO-duction, SE-duction, PRO-duction, SE-duction,..."
Pourquoi les pouvoirs entretiennent-ils la dépression parmi les peuples ?
Nous sommes des jouets, les jouets des exclusives religieuses ou ethniques
Auto focus
Auto gestion
Auto critique
Auto didacte
Auto graphe
Auto chtone
Auto suffisance
L'auto psie, c'est de voir de ses propres yeux.
Le temps du sans emploi se déploie et fait loi, temps des dévotions à la "nature" humaine.
Le paysage n'existe pas. Révélation ou informatisation des données. C'est l'homme qui fait la nature.
Quels sont tes maîtres et des idoles ?
Ce sont des mesures concrètes qu'il nous faut oublier. oublier nos poids et mesures.
Les grandes marques essaiment leurs pancartes dans le voisinage.
L'information est le seul relief de la réalité.

Point quatre Oublier le matérialisme
A notre droite, observons ce magnifique monument funéraire bâti à la lisière des rêves.
"Rêver, c'est voir une chose d'un oeil intérieur. Mais quand cette chose la est sous les yeux, peut-on encore la rêver ?"
"Ce n'est pas l'oeil qui voit, c'est le cerveau qui lit, des ressacs d'informations."
"L'homme a cessé d'être l'habitant de la planète. C'est un être nouveau au sein de l'univers... Tout ce qui est rationnel chez l'homme peut-être transféré à la machine... La partie rationnelle est devenue la moins noble partie de l'homme.
Que reste-t'il alors ?
Il nous reste encore nos sentiments, nos libertés, nos contradictions, nos besoins d'amour, les nécessités de ce que nous pensions absurde."
Les boutons, les boutons, les boutons.
"Ce n'est pas parce que certains croient avoir tué Dieu que les démons ont disparus. Chefs de guerre et tant d'autres sous-fifre qui s'amusent à découper le temps en cadavres."
"Sans cesse, détruire le monde pour le réinventer, croire aux possibles et à toutes leurs illusions d'optique, croire sans acharnement, croire comme on respire, que chacun est le centre de l'univers."

Point cinq Les congés payés
"Noubliez pas que vous êtes en pleine Camargue. Portez un équipement adéquat. Suivez bien les chemins balisés, respectez la limitation. Attention aux moustiques et aux taureaux sauvages. Prenez garde aux mouettes rieuses !"
Résidences châteaux forts et pont levis électroniques.
Ici l'homme habite son temps
Prochainement à gauche, changement d'époque, nouvelle floraison des terres lasses.

Point six et sept La plaine d'amour
Elles s'ouvrent comme des nudités et s'inventent des déshabillés, promesses de voyages paradisiaques.
Pourquoi ne voudrions nous pas la joie et le plaisir des peuples et des civilisations à se retrouver autour, au delà et entre les mers.
tu es ma joie, tue.
Quelle culpabilité ?
TUNE TUNE TUNE
Neptune, n'y penses plus !
L'on se nourrit de fantaisies
aux paradis des insoumis
le paradoxe des sous le vent
dans la poussière des utopies.
Bruissements du soleil pénétrant ; les ventres de la terre entre deux points chauds naît l'enfant nouveau. Tout est bon dans le bébé.
Apprends moi! Apprends moi d'aimer. Les 1001 noms de l'amour.

Point huit L'arbre échafaudé
Prochainement sur votre gauche, senteur park, et le grand arbre à palabres, érection capitale, jaillissement de satellites & paraboles.

Point neuf Ne vois tu rien venir ?
Elle garde les trésors qu'elle a englouti, elle ne rejette sur la plage que les objets flottants à sa surface.
A quoi encore faut-il s'attendre ? avant de s'étendre et de s'abandonner
Attention ceci est un appel à chercher du regard et à perdre de vue!

Point dix Les roues à sardines
Nouvelle période: distribution des croquettes à croquants
Remplir les ventres

Point onze Lignes de ponts et d'oeufs
Huit milliars de personnes habiterons cette planète dans 20 ans. Dans la tête, ça change, dans la tête.
Et les oiseaux font l'éloge de toutes nos folies
Les milieux intérieurs
Le pouvoir s'est toujours nourrit des divisions, diviser pour régner sur nos propres divisions cellulaires.
Tout se transmet par écriture, encryptage, encodage.
Prends la mère, revoie la mère et prends les oeufs, tels qu'ils sont, pures émergences!
Le hasard déroute l'être humain, mais le hasard, c'est l'homme même.

Point douze 2° et dernier tunnel
Des ondes qui portent le nom de vagues et qui se croisent sans se nuire.
Ayons corps afin de nous penser en jouissance d'être. La grande quête de l'autre ému.
Tic tac font les vagues du temps à perdre. temps NU pour humain objet de crédit (près des déserts de tant d'imaginaires)
@h! si j'étais mer!
Ce qui me sauve et du hasard et du destin, c'est ma liberté.
Il y abien longtemps, un être venu de l'océan et gisant sur le sable asséché, a vaincu la souffrance de se faire des poumons afin de nous donner à d'autres temps.
La mémoire des profondeurs est sans images.
"Qu'est-ce que le bleu?"
"Le bleu c'est l'obscurité devenant visible. Ce moment ténu où le navigateur voit les étoiles disparaître toutes à la fois."

Mer vue et entendue - Dénouement et immersions
Meurs et deviens. Dépossédé, les peaux nues, se délivrer de ce qui nous obsède, par les musiques de nos langues qui nous habillent les corps.
ICI il n'y a pas de concessions à perpétuité!
Un dieu oublié qui s'appelait Neptune comme une planète encore inacessible,
ici le ciel touche par terre des deux côtés.
Il est grand temps à présent de marcher à côté de tes pompes et d'aller les pieds nus, là où le fleuve pénètre la mer, aller, dans la sérénité d'un soir; recueillir les vagues jouissances.

Sous la plage, les pavés
Nous sommes ici dans une pensée au parfun de sueur. Elle fleurit entre ciel et terre et c'est l'homme qui la cultive. Rien de plus civilisé, de plus construit qu'un paysage, aussi élaboré, travaillé qu'une cathédrale. rien de plus éloigné du sauvage ou de la nature. Au galop, l'homme est toujours plus rapide qu'elle. Il l'a chassée au même titre que le bison, l'ours ou le moustique, elle ne reviendra pas car elle n'existe plus. La nature est un mythe, une illusion d'optique. Tout ici est créé par les hommes pour dompter le Rhône, la mer, le sable et le sel. Il nous fut si précieux qu'il fut imposé, rappelez-vous la gabelle. Dans les régions éloignées de la mer, on payait les gens avec des poignées de sel. Le mot salaire en est l'héritage.

Les salins sont des jardins gagnés sur la mer, aménagés en immenses salières qu'au début du siècle des émigrés venus de Grèce entretenaient pour nous, y laissant leur santé et leurs bronches. Du sang grec, espagnol, arabe, portugais coule encore dans ce plat pays entre le sel et le riz. Ce paysage est un métèque reflétant ce que nous sommes tous. Du sable, nous avons retenu la grève sur laquelle on installait la machine à guillotin et l'on venait manifester pour se faire payer ou exiger du travail.

Cette grande bouche qu'a le Rhône, nourrit beaucoup de monde avant qu'elle ne devienne le bronze-cul de l'Europe, l'endroit où l'on chôme le plus puisque dictionnaires grecs et latins le disent: "chômer", c'est se reposer pendant les fortes chaleurs.

Ce paysage est une pensée qui nous parle du salaire, de la grève, du chômage, de l'émigration, du métissage, de la sueur, de la vie, de l'amour, de la mort. Il est passé par notre matière grise et nos muscles, avant d'accueillir nos fesses qui viennent se défatiguer au soleil.

Ici, tout vient d'ailleurs, le sable africain amené par le sirocco se mèle aux graviers arrachés des montagnes que traverse le Rhône, l'eau douce nous vient du nord chargée des déchets de la chimie se mélant au pétrole de la méditerrannée qui nous vient du monde entier. Seule la Méditerrannée enfermée dans sa cuvette qui l'emprisonne reste là, au rythme des vagues écumeuses que balaye le mistral, cet enfant du nord qui courbe les hommes et les arbres sous son souffle de Titan. La sansouire, cet ensemble de végétaux qui survivent dans le sel et les vents sont nés de la rencontre de ces éléments apprivoisés, domestiqués par l'homme.

Entre construction et destruction, le paysage pensé se fraye un chemein qu'empruntent les oiseaux qui, eux aussi, viennent d'ailleurs, séjournent le temps d'une couvée et repartent avec les vents qui leur sont favorables. Ainsi le phoenix déguisé en flamant rose passe par ici avant d'aller brûler sa vie pour renaître de ses cendres. C'est ce recommencement, ce flux de matière et d'éléments que canalisent les hommes eux aussi de passage. Ulysse y revient sans cesse, pensant à Pénélope qui fait sa pelote et les tribus de "couche-tout-nu", fils de Vikings ou de Teutons, viennent ici dépenser leurs écus et brûler leur peau. Le riz des chinois fait place peu à peu aux arbres fruitiers venus d'Orient et sous la canne de Provence, les ragondins prolifèrent en sabordant les canaux qu'il faut, sans cesse refaire.

Mithra nous a laissé ses taureaux encocardés avec lesquels on joue pour amuser les touristes et l'antique cheval des marais pour les besoins de la cause, a trouvé son Label.

C'est un mélange d'anis, de fenouil et d'artemisia, cette plante vouée au culte de l'Immaculée conception, qu'on célèbre l'apogée du soleil, un sacré pastis, couleur locale, entre deux olives, après la pétanque. Les syndicats d'initiative ont travaillé dur pour élaborer cette moderne mythologi qui fausse les cartes de ce pays qui se fait dessaler par l'eau et les gens venus du nord.

Nature, où es-tu dans tout cela ?

Dans la pensée du paysage, répond le vent.

 

Par ilotopie
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